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Fabrice Molinaro, réputé dans l’e-réputation

L’e-réputation, Fabrice Molinaro est tombé dedans au bon moment : celui de son éclosion. Pionnier du domaine, il est devenu un expert reconnu. Au bout du compte, ses diplômes l’ont mené sur un nouveau territoire, poussé par une passion d’internet.

« J’ai bouffé du bouquin ! », reconnaît sans ambages Fabrice Molinaro. Il lui en a certainement fallu un bon nombre pour obtenir, à la faculté de Nice, une maîtrise d’histoire, une licence en droit et une maîtrise en sciences politiques. « Quelques diplômes, mais pas trop de perspectives », résume-t-il pourtant. Un intérêt pour les archives et la documentation le mène à l’Institut national des techniques de la documentation (INTD). Il y côtoie Didier Frochot, juriste, alors responsable pédagogique et enseignant ; ils se retrouveront plus tard. Dans l’immédiat, il lui faut se frotter à l’informatique et à internet, une découverte qu’il qualifie de « coup de chance, presque un coup de foudre ! ».

Après un premier emploi parisien en agence de création de contenu pour internet, il retourne à Nice, plus exactement à Sophia Antipolis où la plateforme communautaire Respublica, aujourd’hui disparue, le recrute. Le contexte est celui de l’émergence et de la croissance à grande vitesse d’entreprises du net. Fabrice Molinaro se souvient : « J’avais l’impression d’être au centre du truc ! ». En quelques mois, l’effectif passe d’une demi-douzaine à près de quatre-vingts salariés !

Mais après deux années de travail éditorial, il commence à « tourner en rond » et décide de se mettre à son compte avec une activité de création de sites web et de travail de référencement. Débutent alors des collaborations avec Didier Frochot, lui-même redevenu indépendant. Un jour, en 2004, un client lui adresse une demande particulière : chef d’entreprise, il a été victime d’une erreur judiciaire désormais réparée, mais internet garde des traces de cet épisode et de son incarcération, ce qui lui nuit, comment effacer cela ? Fabrice Molinaro produit un audit d’image, le conseille pour l’améliorer. « Cela a été un virage, déclare-t-il ; je me suis lancé dans l’e-réputation sans le savoir, sans que le concept ni le mot n’existent ».

Il poursuit avec Didier Frochot sur le tas son apprentissage de ce nouveau domaine, acquiert de l’expérience. Et le fait savoir : il opère un travail de communication auprès des médias. En 2007, Didier Frochot et lui s’associent pour créer Les Infostratèges, qui est à la fois une société, une marque et un site web. Le Monde, Les Échos, Canal+ parlent d’eux, les identifient comme précurseurs de l’e-réputation. Se présenter aux clients en tant que société et non plus en indépendant donne du poids, permet de se frotter à la concurrence de grands spécialistes de la communication institutionnelle.

Technique et juridique

Le point différenciant des Infostratèges ? La synergie entre la technique et le juridique. Trois types de missions se présentent. Tout d’abord, contrer des contenus négatifs. Ce problème d’e-réputation suppose un traçage du site et de l’origine de l’information dommageable. Il faut parfois intervenir à la source pour faire cesser la diffusion d’éléments erronés, voire illégaux. « Argumentaire juridique à l’appui, nous tentons souvent une approche à l’amiable, raconte Fabrice Molinaro, d’abord par mail, puis par téléphone si nécessaire ». Ensuite, des missions de suivi d’image. C’est un travail de veille et d’alertes configurées pour chaque client. Il suppose une grande réactivité. Une information négative qui tombe un vendredi soir ne peut attendre le lundi matin pour être traitée. Enfin, des missions de conseil pour améliorer la communication positive d’un client. Cela passe par la diffusion de contenus, le référencement, le recours à des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook. Il faut parfois faire face à des « crises médiatiques », une pluie d’articles ou de messages défavorables qu’il faut faire cesser en urgence. « Le stress complet, reconnaît Fabrice Molinaro, mais c’est grisant, on est pris dans une logique de guerre de l’information, il faut être combatif ».

Suivre l’évolution des technologies est nécessaire, ce qui n’est pas un problème pour ce passionné. Si l’activité est moins atteinte par la crise économique, ce marché restant porteur, ce n’est pas au sacrifice de son confort de vie. Souvent en déplacement, Fabrice Molinaro a aussi fait le choix de travailler de chez lui, près d’Antibes…

Par Michel Remize, Rédacteur en chef du magazine Archimag

Ce profil est paru dans le Guide pratique : Nouveaux métiers de l’infodoc – Numéro : 48 – août 2013 :
http://www.archimag.com/le-kiosque/guides-pratiques/pdf/gp-48-pdf