Si les manipulations de l’information ne sont pas nouvelles, celles-ci ont pris une nouvelle dimension en raison des capacités inédites de diffusion et de viralité offertes par internet et les réseaux sociaux.

Ce phénomène, qui s’est manifesté par plusieurs ingérences électorales ces dernières années, est susceptible de menacer la souveraineté des institutions démocratiques. L’Institut de recherche stratégique de l’École militaire (IRSEM) du ministère des armées et le Centre d’analyse, de prévision et de stratégie (CAPS) du ministère des affaires étrangères ont décidé d’analyser ce phénomène. Le résultat a donné un rapport qui se propose ainsi d’analyser les manipulations de l’information d’origine étatique et étrangère.

Partant d’une définition de la manipulation de l’information comme « la diffusion intentionnelle et massive de nouvelles fausses ou biaisées à des fins politiques hostiles », les auteurs évitent volontairement de recourir à l’expression galvaudée de « fake news » jugée « trop vague et polémique ».

Ce rapport est le fruit d’une enquête de terrain (une centaine d’entretiens menés dans une vingtaine de pays) pour mieux saisir la nature du problème et identifier les bonnes pratiques mises en œuvre par les États et les sociétés civiles.

Il s’appuie également sur l’abondante littérature scientifique disponible. Il examine les causes, les conséquences et les réponses aux manipulations de l’information d’origine étatique et visant les populations d’autres États, avant de formuler 50 recommandations d’action.

Pour les auteurs du rapport, les manipulations de l’information sont aujourd’hui un véritable défi pour nos systèmes démocratiques : « L’information est de plus en plus considérée comme un bien commun, dont la protection échoit à tous les citoyens préoccupés par la qualité du débat public. C’est avant tout à la société civile de développer sa propre résilience. Les gouvernements ne peuvent et ne doivent venir qu’en appui de cet effort, mais ils ont un rôle clé, tant ils ne peuvent se désintéresser d’une menace qui vise à miner les fondements de notre démocratie et donc, in fine, de notre sécurité nationale. »

Consulter ce rapport (au format PDF : 2,6 Mo) : www.diplomatie.gouv.fr

Photo : diplomatie.gouv.fr