Le ministère du Travail a publié les résultats de l’étude annuelle du métier de délégué à la protection des données, réalisée avec le soutien de la CNIL. Cette enquête montre une diversification des profils et une importance croissante du métier de DPO, dont la désignation est obligatoire dans certains cas.

Des DPO aux profils plus diversifiés et mieux intégrés, mais insuffisamment formés

Grâce à la mobilisation et aux témoignages des DPO, l’étude du ministère du Travail (réalisée par l’AFPA) met en valeur les grandes dynamiques et évolutions du métier entre 2019 et 2021.

Les principaux constats sont les suivants :

  • un vécu professionnel positif : 58 % sont satisfaits de l’exercice de leur fonction et 87 % convaincus de l’utilité de leur fonction. Ils souhaitent également poursuivre leurs missions avec une forte motivation à 67 %.
  • une diversification des profils : 47 % sont issus d’autres domaines d’expertise que le droit et l’informatique (+ 12 points depuis 2019), il s’agit par exemple de profils administratifs et financiers ou en lien avec la qualité ou la conformité-audit.
  • la formation en baisse : 1/3 n’ont suivi aucune formation Informatique et Libertés/RGPD depuis 2016 (+ 7 points) alors même que de plus en plus d’entre eux ne sont ni juristes, ni informaticiens.

Ce dernier constat sera particulièrement étudié par la CNIL qui rappelle l’obligation des responsables de traitements et des sous-traitants ayant désigné un DPO de leur fournir les ressources nécessaires pour entretenir des connaissances spécialisées (article 38.2 RGPD).

Désignation d’un DPO : êtes-vous concerné ?

La désignation d’un délégué à la protection des données est obligatoire pour :

  • les organismes publics ;
  • les entreprises :
    dont l’activité de base les conduit à réaliser un suivi régulier et systématique des personnes à grande échelle ;
    collectant et réutilisant des données sensibles ou relatives à des condamnations pénales et des infractions.

Néanmoins, la désignation d’un DPO est fortement recommandée dans tous les cas : le DPO permet d’accompagner à la conformité au RGPD, de répondre aux demandes d’exercice de droits des personnes et de réduire les risques de contentieux.

Des DPO internes, externes ou mutualisés

En fonction des choix d’organisation des structures, il existe 3 types de DPO :

  • le DPO interne, qui est salarié d’un seul organisme ;
  • le DPO interne mutualisé, qui est salarié mutualisé pour plusieurs responsables de traitement ;
  • le DPO externe, qui est indépendant, ou salarié d’un organisme spécialisé (organismes publics de services numériques, cabinet de conseil, cabinet d’avocats…).

Plus d’infos sur le site de la Cnil : https://www.cnil.fr/fr/le-delegue-la-protection-des-donnees-dpo-un-metier-en-forte-evolution
Voir l’étude du ministère du Travail (au format PDF : 1 Mo) : https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/synthese_dpo.pdf

Fabrice Molinaro

Fabrice Molinaro est titulaire d’une licence en droit, d’une maîtrise d’histoire et d’une maîtrise de sciences politiques. Après un DESS en sciences de l’information-documentation, il s’oriente vers le monde de l’Internet.

Spécialités
E-réputation – Veille et recherche d’information sur Internet – Community management – Gestion de crise – Structuration de l’information et de la connaissance – Référencement – Création de e-content.