11 février 2026 | Données personnelles

Atteinte à la vie privée et usurpation d’identité : comment se protéger face aux Deepfake ?

Le mot deepfake (ou hypertrucage) vient de la contraction de deux mots anglais : deep learning, « apprentissage profond » et fake, « faux ».

De plus en plus réalistes, les vidéos, images et sons truqués peuvent porter atteinte à la vie privée et à la réputation. Les créer ou les partager n’est pas sans risques et peut engager la responsabilité de leurs auteurs. Quels enjeux, quels risques et quels bons réflexes à adopter ?

L’hypertrucage : qu’est-ce que c’est ?

Le mot deepfake (ou hypertrucage) vient de la contraction de deux mots anglais : deep learning, « apprentissage profond » et fake, « faux ».

Un hypertrucage est ainsi un contenu audio, photo ou vidéo créé ou modifié grâce à des techniques d’intelligence artificielle. Elles permettent d’imiter une voix, un visage ou un mouvement avec un réalisme de plus en plus difficile à distinguer d’un contenu authentique. Dans certains cas, ces hypertrucages peuvent se répandre très vite en ligne, notamment sur les réseaux sociaux.

Quels sont les risques pour vous et quels sont les bons réflexes à adopter ?

Désormais, de nombreuses applications et logiciels permettent de réaliser des hypertrucages. Ceux-ci sont de plus en plus élaborés et leur utilisation largement accessible au grand public. La diffusion d’hypertrucages a donc considérablement augmenté, tout comme les nombreux risques liés.

Atteinte à la vie privée et usurpation d’identité

Une photo, une vidéo ou un enregistrement vocal publié en ligne peut techniquement être détourné pour créer un hypertrucage, sans l’accord de la personne. L’image ou la voix peuvent alors être utilisées pour la mettre dans des situations fausses, gênantes ou préjudiciables, portant atteinte à sa vie privée et à sa réputation.

Ils peuvent ainsi être utilisés dans le cadre de phénomènes de « sextorsion » (extorsion ayant pour support le chantage lié à la diffusion de contenus à caractère sexuel).

Pour rappel, le montage réalisé avec l’image d’une personne sans son consentement peut être puni d’un an emprisonnement et de 15 000 € d’amende (article 226-8 du code pénal). Si le montage est à caractère sexuel et/ou généré par un service de communication en ligne (par exemple un réseau social), les peines peuvent être plus lourdes.

Cyberharcèlement

Les hypertrucages peuvent servir à humilier, menacer ou faire chanter une personne. Des images ou vidéos truquées, parfois à caractère choquant, peuvent être diffusées pour nuire à une victime, en particulier les jeunes, avec des conséquences importantes sur leur bien-être.

Pour rappel, le harcèlement, en ligne ou non, est puni de 2 ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende (article 222-33-2-2 et suivants du code pénal). Les peines encourues sont plus lourdes si la victime est un conjoint, un ex-conjoint ou une personne vulnérable (par exemple un mineur).

Fraudes et escroqueries

La reproduction fidèle d’un visage, d’une voix ou d’un comportement peut servir à usurper l’identité d’une personne : ouverture ou modification de comptes en ligne, fraude auprès de services, escroquerie visant des proches ou des collaborateurs, etc.

L’escroquerie, qui consiste à tromper une personne en vue de se voir remettre de l’argent, un bien ou un service est punie de 5 ans d’emprisonnement et de 375 000 € d’amende (article 313-1 du code pénal).

Agir rapidement en cas de problème

Utilisez d’abord les outils de signalement des plateformes pour contenus trompeurs ou abusifs.
Si vous estimez que l’hypertrucage a été utilisé dans le but de commettre un délit ou de porter atteinte à votre réputation, conservez des preuves (captures d’écran des images truquées, liens) et, si nécessaire, déposez une plainte auprès de la police nationale ou d’une brigade de gendarmerie.
Pour signaler des contenus illicites et graves sur Internet (harcèlement, menaces, images sexuelles de mineurs, escroqueries) : PHAROS
En cas d’arnaque ou de cyberharcèlement, plusieurs guichets sont disponibles pour vous aider (signalement, dépôt de plainte, aide aux victimes, etc.). Vous trouverez des informations à ce sujet, notamment dans l’application de la CNIL FantomApp.

Plus d’infos : https://www.cnil.fr/fr/hypertrucage-deepfake

Fabrice Molinaro

Fabrice Molinaro est titulaire d’une licence en droit, d’une maîtrise d’histoire et d’une maîtrise de sciences politiques. Après un DESS en sciences de l’information-documentation, il s’oriente vers le monde de l’Internet.

Spécialités
E-réputation – Veille et recherche d’information sur Internet – Community management – Gestion de crise – Structuration de l’information et de la connaissance – Référencement – Création de e-content.

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